Cécile PAGE

Cécile Page appartient incontestablement à la famille des figuratifs puisqu’elle représente des formes réalistes. Mais, issue des années 70, comment ne pourrait-elle pas poursuivre une démarche détournée à l’instar de tous ces artistes de la décennie précédente ?

D’où ces masses anthropomorphes, sans figures, qui n’en font qu’à leur tête, d’où ces corps robotisés, informes, aux allures erratiques qui font semblant de s’ignorer.

Démarche politique ? Poétique ? Plastique ?

Pour cette sculpteure, sortie des Beaux-Arts de Paris après mai 68 et qui s’est donc trouvée au cœur même de la remise en cause du geste du créateur, il ne peut s’agir que de la somme de ces démarches, indissolublement liées à l’époque.

Aussi, dans cet air du temps spatio-temporel, à travers ses femmes sans tête mais non sans mémoire et ses petits hommes transpercés, guerriers dépouillés, écartelés par un vide schizophrénique, Cécile Page tente, peut-être, de nous dire que, derrière ces hommes et ces femmes, c’est toute une humanité au destin amputé qui est à jamais prisonnière de cette Terre-mère à la rondeur maléfique.

                                                                                                                        Alain PAGE

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